Le Directeur de la Ligue de protection des oiseaux pour les élevages en batterie ?

Il insulte le travail de Patrice Bougrain Dubourg et de milliers d'éleveurs amateurs qui sauvegardent les races anciennes en voie de disparition.

La scène se passe au Ministère de l'écologie lors d'une réunion d'un groupe de travail devant plancher sur le rapport de mission du député Lang sur les nuisibles et leur régulation.

Différents intervenants rappellent les motifs qui justifient une régulation de certains prédateurs comme la martre, la fouine, etc. (Régulation ne veut pas dire éradication).
Au rang de ces motifs, un rapport de l'ONU (FAO) qui met en lumière le fait que de très nombreuses races locales anciennes d'animaux de ferme risquent de disparaître dans les 20 ans, si rien n'est fait par les Etats, notamment en soutenant les éleveurs amateurs qui les sauvegardent.
Il est donc demandé que les dommages causés à ceux qui sauvegardent les races rares soient dénombrés.

A ces mots, Michel Métais, le directeur de la Ligue de protection des oiseaux, déclare devant témoins : " Si ces " gros cons " ne sont pas capables d'assurer la protection de leurs animaux, ils doivent en prendre le risque, on ne doit pas tuer un prédateur parce qu'il a mangé quelques poules. …Les responsables, ce sont les propriétaires de ces poules, ils n'ont qu'à les enfermer ou en accepter les conséquences ".

Tout d'abord, il est inadmissible que le directeur d'une association de protection des animaux, pourtant reconnue d'utilité publique, se permette impunément d'insulter des centaines de milliers de personnes, les aviculteurs amateurs, qui, pourtant, sauvegardent bénévolement les races locales anciennes menacées, parties intégrantes de la biodiversité.
Patrice Bougrain-Dubourg, grand éleveur de poule Marans et ancien juge avicole, père d'Allain, doit être consterné par les agissements du représentant de l'association de son fils.

Ensuite, cela traduit une inquiétante méconnaissance de la nature. Quiconque a élevé des volailles en parcours extérieur, sait que du fait de leur agilité, les prédateurs arrivent toujours à passer un grillage aussi haut soit-il. Seule la régulation assure la prévention du massacre d'un grand nombre d'animaux domestiques.
Si on écoute Monsieur Métais, la seule solution pour protéger ses volailles est de les enfermer ; comme dans les élevages en batterie.
Pour un animal qui n'a jamais connu l'enfermement, je doute que vivre en claustration lui assure un réel bien-être.
C'est plutôt lamentable de la part du directeur d'une association, dont le président, dans ses écrits, dit agir pour le bien-être des animaux.
C'est même une totale perte de crédibilité et je demande au président de la LPO d'en tirer les conséquences.

Enfin, et c'est sans doute cela le plus grave, cette attitude agressive et insultante, tend à se répandre de plus en plus dans les rangs de bon nombre de ceux qui se sont autoproclamés " protecteurs des animaux ". On assiste à une inquiétante radicalisation. Il suffit de se rendre sur Internet pour constater une multitude d'insultes, notamment à l'encontre des particuliers qui ont pour hobby l'élevage amateur dit " élevage familial de loisirs ". Il y a pourtant près de 4 millions d'éleveurs amateurs en France ce qui fait un nombre non négligeable de votants insultés.
On retrouve d'ailleurs très souvent sur ces mêmes sites des appels au végétarisme " seule attitude morale acceptable " et une condamnation du processus de domestication.

La Société Centrale d'Aviculture de France, que je dirige, reconnue d'utilité publique, n'a pas été invitée aux Rencontres Animal et Société, qui avait pourtant promis de mettre autour de la table toutes les parties. Quelle est la crédibilité d'une commission " animal et société " qui exclut toutes les associations d'éleveurs amateurs alors qu'elle donne la parole à un grand nombre d'association de " protection des animaux " ? Il s'agit d'une discrimination.

Il semble malheureusement qu'en France, pour être entendu, il faille être dirigé par une vedette des médias ou du showbiz. Les autres ont la désagréable impression de n'être que des citoyens de seconde zone. Le problème est que les citoyens de secondes zones sont les plus nombreux… Le réveil risque d'être bientôt douloureux.

Plutôt que de discriminer et de toujours donner la préférence au plus radical, il eût été plus populaire et intelligent de mettre en œuvre une écologie humaniste, c'est à dire une écologie qui associe les particuliers éleveurs amateurs à des programmes de sauvegarde des races anciennes et espèces menacées.
Malheureusement, on risque d'attendre sa naissance très longtemps.

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